Ico & Shadow Of The Colossus

Ces jeux sont devenus des mythes, des étendards de la dimension artistique du jeu vidéo, et ils sont de retour sur PS3.

Constamment cités en exemple dans le débat sur la nature artistique du jeu vidéo, Ico et Shadow Of The Colossus sont dors et déjà des classiques incontournables de notre média favori. Sortis sur PS2 en 2001 et 2005 respectivement, j’étais complètement passé à côté (Nintendo addict oblige) et j’attendais cette remasterisation avec beaucoup d’impatience.

Et je ressors finalement de cette expérience avec une impression mitigée.

N’attendez pas de moi des tests dans le sens classique du terme, j’ai joué comme si j’allais une expo ou comme si je lisais un classique de la littérature. Mon approche est donc forcément biaisée mais j’en reparlerai un peu plus tard.

 

 

Ico

Premier jeu de l’équipe qui porte désormais son nom (la Team Ico dirigée par Fumito Ueda), Ico se présente comme un jeu d’aventure épuré, voire minimaliste.

 

 

Si la narration volontairement lapidaire ou l’absence de hub ne m’ont pas déplu, ce dernier point étant même un plus pour l’immersion, je suis plus partagé sur l’apprentissage à l’ancienne proposé par le titre.

D’un côté, vu que le gameplay est parfois capricieux j’ai mis dix bonnes minutes à trouver comment sortir de la toute première salle. D’un autre côté, être lâché dans l’aventure sans aucune indication de gameplay m’a permis de réfléchir à mon passif avec le jeu vidéo, à ma culture générale vidéoludique puisque le jeu semble basé sur les sous-entendus du genre. Ça m’a également permis de me rendre compte de l’évolution de mes attentes et de mes habitudes en 20 ans de jeu vidéo. Ico se veut Zelda premier du nom à une époque où un tutorial de 20 minutes semble être une figure imposée et ça a le mérite de m’avoir fait me retourner sur deux décennies passées un pad en main.

Si je vous parle de ce point précis c’est que pour moi le gameplay est le coeur de tout jeu vidéo. Face à Ico, ce que j’aurais jugé (en bien ou en mal, là n’est pas la question) dans tout autre jeu devient ici source de réflexion. Est-ce dû à Ico ou bien ma perception est-elle influencée par sa dimension artistique supposée ?

 

 

A vrai dire, je n’ai pas accroché à Ico. Je vois son potentiel poétique, je vois le lien entre ce gameplay obligeant à prendre Yorda par la main et cette histoire d’amour mystérieuse, mais la formule n’a pas prise avec moi. Je n’ai pas bouclé l’histoire, je me suis arrêté au milieu, déçu et frustré d’être passé à côté de ce monument. Mais en fin de compte, est-ce moi qui suis passé à côté ou lui qui n’a pas su venir à ma rencontre ? Tout classique qu’il soit, Ico reste un jeu vidéo et si je ne prend pas plaisir à y jouer je ne vois pas l’intérêt d’insister.

 

Shadow of the Colossus

À l’opposé, j’ai été happé par Shadow of the Colossus.

Même minimalisme, même mélancolie, mais une quête qui me parle et un souffle épique qui donne l’adrénaline nécessaire pour lâcher prise et rentrer dans l’expérience.

 

 

Contrairement à Ico, l’alternance des temps forts et des temps faibles est une des grandes forces de SOTC. Elle est parfaitement exploitée et mise en valeur par une réalisation (notamment musicale) de haute volée. Le jeu est une imbrication de crescendo qui emporte le joueur comme une tornade, implacable.

Je n’ai pas le temps/l’envie d’analyser ce qui m’apparaît comme un conte, d’explorer ses thèmes et de décrypter leur impact et leur résonance en moi mais ce jeu me parle indéniablement. Il m’en restera quelque chose c’est sûr, et pas seulement une expérience ludique. Il faudra que j’y revienne, ce jeu a des choses à m’apprendre.

 

 

Difficile de sortir du contexte particulier qui entoure ces jeux et de se forger une opinion en dehors du débat jeu vidéo 10è art. Je n’ai pas réussi pour Ico en tout cas, et il a fallu toute la magie de SOTC pour m’en débarrasser et paradoxalement toucher du bout des doigts ce qui en fait une oeuvre d’art. Mais finalement art ou pas je m’en fous, Shadow Of The Colossus fait maintenant partie des oeuvres qui me suivront longtemps et c’est l’essentiel.

 

Une expérience

J’ai adhéré à Shadow Of The Colossus autant que j’ai été imperméable à Ico et pourtant je vous conseille de vous essayer aux 2 si ce n’est pas déjà fait. Ne serait-ce que pour pouvoir critiquer les argumentaires vidéoludiques qui y font référence en permanence, ne serait-ce suite pour anticiper la sortie de The Last Guardian en 2012, ne serait-ce que pour jouer !

Ico & Shadow Of The Colossus est disponible sur PS3 dans un bundle de la collection Classics HD qui regroupe des remasterisations de titres cultes.

Rocketbirds : Hardboiled chicken

Rocketbirds Hardboiled Chicken, c’est pas pour les poules mouillées !

J’ai une empathie particulière pour les pingouins, alors un jeu où on incarne des poulets en guerre contre ces créatures d’exception part avec un handicap dans mon estime. Si je vous dis ça c’est bien sûr parce que le jeu de Ratloop Asia rentre dans cette catégorie (où il doit être bien seul d’ailleurs). Sorti sur le PSN il y a quelques jours (après une version PC en flash), Rocketbirds vous met dans la peau de Hardboiled Chicken, le poulet le plus badass de la Création.

Ce Marcus Fenix aviaire, ce Grayson Hunt volailler, mène une croisade contre la régime totalitaire des Pingouins qui écrase de son joug des peuples avicoles désemparés.

Le scénario est distillé par des cinématiques sous forme de dessins animés de très bonne facture. Ils sont surtout remarquables par leur ambiance musicale puisque ce sont quasiment des clips en fin de compte. La BO du jeu a été réalisée par le groupe de rock New World Revolution et cela donne un style assez cinématographique à l’ensemble.

 

 

L’ambiance est d’ailleurs bien travaillé tout au long du jeu, avec pleins de petits détails sympathiques. J’ai beaucoup aimé les affiches de propagande qui décorent les niveaux par exemple, et je valide aussi les Crédits jouables. C’est du très beau boulot ! À l’opposé, les bruitages qui symbolisent les discussions des différents piafs sont simplement insupportables et n’apportent rien à l’immersion…

 

 

Le style et l’ambiance c’est bien joli, mais quand on achète un jeu qui s’appelle Rocketbirds : Hardboiled Chicken on aimerait surtout que ça bounce ! Ça tombe bien. R:HC est un jeu d’action-exploration en vue de côté, à la Metroid, en version light.

Votre Poulet Rambo peut bien sûr sauter, se faufiler dans les gaines d’aération, faire des roulades ou se planquer en second plan, mais il sait surtout tirer droit devant lui. Pistolet, Uzi, fusil à pompe, fusil d’assaut, grenades, de quoi transformer les pingouins en espèce en voie de disparition mais pas beaucoup de fantaisie malheureusement. Sauf que le jeu réserve une petite subtilité avec une arme permettant de prendre le contrôle d’un ennemi. Cela permet d’introduire des phases de réflexion avec des petits puzzles rarement difficiles mais bienvenus pour diversifier l’action. Les niveaux classiques sont également séparés par des phases de dog fight en jetpack (d’où le Rocketbirds du titre ?) très fun mais malheureusement répétitives. Une course poursuite ou un parcours d’obstacles auraient été les bienvenues sur ce coup-là.

 

 

En dehors de ces phases aériennes, le level design rappelle un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. Ce n’est pas une critique, je m’en rappelle moi de cette époque où on cherchait des pass de couleur pour déverrouiller des portes ! Et où on ramassait des medpacks pour ne pas crever lamentablement ! C’est classique mais toujours efficace.

 

 

La durée de vie est très satisfaisante car en plus des 4 heures de l’aventure solo, Rocketbirds peut se jouer à deux joueurs en coopération locale. Et là je voudrais vraiment remercier les développeurs pour le boulot qu’ils ont accompli. Ils ne se sont pas contentés de coller un sidekick inutile par dessus le mode solo en corsant un peu la difficulté comme on le voit trop souvent, ils ont carrément inventé une histoire alternative ! Et même si la structure des niveaux reste globalement la même, tout a été retravaillé pour proposer un gameplay totalement différent basé sur l’entraide entre les deux personnages. Sincèrement, merci !

 

 

Rocketbirds : Hardboiled Chicken est vendu pour à peine le prix d’un kebab et à ce prix-là c’est vraiment une bonne affaire, surtout si vous comptez rentabiliser le solo et le coop. Le gameplay n’est pas aussi abouti que celui d’un Shadow Complex par exemple, mais Rocketbirds est un bon jeu à forte valeur ludique ajoutée.

ADRIFT

Un jeu d’action-aventure à la troisième personne dans un Paris futuriste, c’est à découvrir aujourd’hui sur Ludomaniaque.

Vous vous demandez peut-être pourquoi je vous parle d’un jeu prévu pour l’automne 2012 sur PS3 et Xbox360 dont on ne connait presque rien et dont Adrift n’est même pas le titre définitif ? Et oui, Adrift n’a pour l’instant dévoilé qu’un teaser sous forme de concept art vidéo mais il mérite qu’on y jette un œil dès maintenant.


J’ai découvert ce projet du studio DONTNOD Entertainment il y a seulement quelques jours grâce au joli buzz venu tout droit de la Gamescom de Cologne. En développement depuis la création du studio en 2008, ADRIFT s’est affiché aux yeux du grand public pour la première fois, et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il a retenu l’attention. Ça m’a permis de découvrir un pitch et des artworks plus qu’alléchants, que j’ai eu envie de partager à mon tour.

Le jeu se déroule à Néo-Paris en 2084. La capitale française est devenue une mégalopole encerclée par la montée des eaux due au changement climatique. La société a également été profondément bouleversée, puisque dans ce laps de temps la conjugaison des technologies de l’information et des implants bio-informatiques a atteint son paroxysme. Désormais, cette humanité augmentée fait le commerce de ses sensations et de ses souvenirs dans un environnement où l’intimité a été troquée contre la tranquillité du contrôle global.

Je suis particulièrement impatient de découvrir ce background à la fois excitant et inquiétant. D’une part parce qu’il vise un registre dont je suis friand, avec des points communs avec des œuvres aussi variées que 1984 , Total Recall, Vanilla Sky, Deux Ex, etc. D’autre part parce que c’est Alain Damasio qui était aux commandes du scénario jusqu’à cette année. C’est l’auteur à qui je dois une de mes plus grosses claques littéraires : La Horde de Contrevent. Je vous en reparlerai peut-être un jour, si j’arrive à mettre des mots sur mon ressenti face à ce sublime roman de fantasy.

On ne sait presque rien de ce titre, alors en attendant d’en savoir plus profitons de ses magnifiques artworks ! Je les ai uploadés en résolution max au  cas où vous voudriez les récupérez pour les mettre en fond d’écran par exemple.

N’oubliez pas d’aller faire un petit tour sur le site officiel de DONTNOD (et ne faites pas attention à la faute dès la première ligne du pitch, même si ça la fout mal quand même :D ).

 

 

Pirates des Caraïbes 4 : La Fontaine de Jouvence

Le 4è épisode des aventures de Jack Sparrow pose l’ancre aujourd’hui au cinéma. Mon avis de flibustier, BEUAAAARRGH

J’ai eu la chance d’assister à une projection presse il y a quelques jours et je peux donc vous livrer mes modestes impressions sur le dernier volet en date de Pirates des Caraïbes avant que le Black Pearl ne reprenne la mer.

Synopsis

Jack Sparrow reprend du service et participe plus ou moins volontairement à une quête qui attise les convoitises des plus grands : retrouver la source d’éternelle jeunesse, la Fontaine de Jouvence. Embarqué aux côtés du Capitaine Barbe Noire, le plus terrible de tous les pirates, et de la mystérieuse Angelica, notre héros va une nouvelle fois devoir affronter les plus grands dangers pour sauver sa peau.

Une nouvelle aventure

Exit Elizabeth Swann (Keira Knightley) et Will Turner (Orlando Bloom), ce quatrième volet est une toute nouvelle aventure pour le pirate préféré du box office. Si Johnny Depp reprend évidemment le rôle du Capitaine Jack Sparrow, on retrouve également son fidèle compagnon Gibbs et son meilleur ennemi le Capitaine Barbossa dans une perruque poudrée du plus bel effet. Parmi les nouveaux venus, l’arrivée sur le pont de Pénélope Cruz ne vous aura pas échappé. La belle Espagnole est l’atout charme du film et il y a des chances qu’elle vous fasse changer d’avis sur le charme des femmes à barbe :D . Que les fans du physique de Keira se rassure, ce Pirates des Caraïbes possède aussi son lot de beauté filiforme à queue de poisson !

Prise de risque zéro

Des sirènes donc, mais aussi une bonne dose de vaudou, voilà pour la touche surnaturelle propre à la série. Ça n’a pas la classe d’un kraken mais bon :p Les aficionados de la série retrouveront en fait le mélange d’humour, d’action et de grand spectacle auquel nous ont habitués les épisodes précédents. La recette fonctionne toujours à merveille mais ne vous attendez pas à un renouveau de la licence ! On ne change pas une équipe qui gagne, à tel point qu’avec ce 4è épisode Pirates des Caraïbes commence même à ressembler à une série de téléfilms. Je pense que cette impression vient du fait que cet opus est totalement indépendant des précédents, plus une déclinaison du concept qu’une pièce d’un tout cohérent. Ça me rappelle la Jeunesse d’Indiana Jones dont les épisodes rythmaient mes weekends il y a presque 20 ans :vieux:. La qualité est au rendez-vous, la question n’est pas là, mais cette Fontaine de Jouvence n’est pas le coup de jeune attendu.

3D caca

N’allez pas voir ce film en 3D ! Sous AUCUN prétexte ! C’est la pire utilisation du relief qu’il m’a été donné de voir au cinéma, cela ne présente aucun intérêt. Pour tout vous dire, j’aurais jeté les lunettes au bout de 5 minutes si la masse floue des sous-titres n’avait pas été aussi perturbante sans. Je ne suis habituellement pas un enthousiaste de la 3D mais c’est la première fois que je me suis dit que ça pénalisait vraiment le film. Sérieusement, mises bout à bout les scènes vraiment en relief doivent durer moins de 10 minutes sur 2h20 de film et on se tape le voile terne des lunettes pour 3 pauvres effets cheap rajoutés en post prod !

Conclusion

Pirates des Caraïbes 4 est un très bon divertissement familial, ni plus ni moins !