Le Dernier Rempart

Arnold l’avait promis, Arnold l’a fait. Schwarzenegger is back motherfuckers !

Il faut sauver le soldat Schwarzy

Le Dernier Rempart (The Last Stand en VO) signe donc le grand retour d’Arnold « T-800″ Schwarzenegger en haut de l’affiche après son caméo de luxe chez les Expendables. Malheureusement, la présence au casting des gros bras des années 90 ne suffit plus à remplir les salles obscures si on en croit les scores du Dernier Rempart ou encore ceux de Du plomb dans la tête (A bullet to the head en VO) le dernier Stallone. Et ça me rend triste.

Mon petit cœur d’enfant des années 80-90 se serre devant l’indifférence générale suscitée par le naufrage de ces monuments du cinéma, d’un certain cinéma en tout cas, d’un cinéma bête et méchant peut-être, mais d’un cinéma que j’aime. Alors je ne le laisserai pas crever seul et oublié. Cet article est pour toi Jean Claude, pour toi Sylvester, pour toi Chuck, et pour toi Arnold !

The Last Fucking Stand

Arnold est Ray Owens, vétéran des stups de LA venu terminé sa carrière comme shérif d’une paisible bourgade à la frontière mexicaine. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu’à ce qu’un des plus gros narcotraficants du continent décide de faire passer sa cavale par la ville de ce bon Shérif. Mauvaise idée.

Un scénario simple, des personnages simples, de l’action et encore de l’action, c’est la promesse d’un bon film de série B et c’est un équilibre plutôt délicat à obtenir. Trop simple on bascule dans le navet, trop faussement complexe on suit la même pente, mais de l’autre côté de ces plaines désolées se dresse le Mont Nanar nimbé dans les brumes du WTF et recouvert des neiges éternelles de la stupidité.

Et de la stupidité, Le Dernier Rempart n’en manque pas. C’est même un vrai best of ! Les méchants sont idiots, les gentils sont idiots, les scénaristes sont idiots, le réalisateur est idiot, le film est idiot. Difficile de vous parler des exemples les plus hilarants sans spoiler de grands moments donc attention, sautez directement le paragraphe suivant si vous voulez garder la surprise intacte (ça vaut le coup).

Tu sais que le Dernier Rempart est idiot quand :

  • Pour se donner un coté 24 le réalisateur a choisi d’afficher l’heure en surimpression à chaque changement de scène mais ne respecte aucune des indications temporelles données par les personnages, à tel point qu’il abandonne le procédé à la moitié du film.
  • Le méchant s’enfuit en voiture parce-que, dixit les gentils, « elle est plus rapide que n’importe quel hélicoptère » mais que l’hélico de la police la rattrape sans problème.
  • Il n’y a qu’une route possible mais que les flics arrivent quand même à perdre le méchant en fuite.
  • Les méchants viennent parler de leur plan super secret dans le seul bar d’un bled de 200 habitants où tout le monde se connait.
  • Les méchants (encore) installent leur base à 25m d’une maison habitée alors que le campagne environnante est un no man’s land absolu.
  • Les méchants (toujours) maquillent un meurtre pour faire croire à un simple cambriolage sans penser à nettoyer la vraie scène de crime qui est encore une fois à 20 m de la maison.
  •  Les gentils qui découvrent le meurtre et s’empressent d’aller demander au groupe de 30 mecs louches avec des mitrailleuses et des lunettes à vision nocturne planqués un peu plus loin s’ils ont quelque chose à voir là-dedans.
  • Tout, de la bande-annonce à la première heure du film, prépare le spectateur à une scène épique avec un barrage et un Schwarzenegger en mode Gandalf et qu’en fait non. You shall not pass, mon cul ouai ! C’est opération portes ouvertes à Schwarzy City, sponsorisée par l’ensemble des forces de sécurité américaines visiblement incapable de rejoindre la frontière en moins de 3 jours ouvrés.

Pot pourri

En fait on dirait que Le Dernier Rempart est un cadavre exquis cinématographique, écrit et réalisé par plusieurs personnes qui ont fait leur boulot sans rien savoir de celui de leurs homologues.

J’ai déjà évoqué les incohérences temporelles et l’abandon pur et simple d’une partie de la mise en scène mais on retrouve ce genre d’impasses tout au long du film. Par exemple, toutes les tentatives pour donner de la profondeur aux personnages sont systématiquement annihilées dans les minutes qui suivent. On a bien sûr l’inévitable GI rentré brisé d’Irak ou d’Afghanistan (on notera au passage la tentative de récupérer un problème de société doublée d’un clin d’œil patriote) qu’on libère de prison pour le laisser mettre sa névrose au service des gentils. On a aussi le héros du film dont on nous survend les traumatismes passés et l’aversion à la violence avant de le voir se transformer en machine à tuer sans soucis. Et on a LE ressort dramatique du film, l’innocente victime, la blanche colombe abattu en plein vol. On ne reviendra pas sur les circonstances du « drame » qui tient plus de la sélection naturelle qu’autre chose, mais on attirera plutôt l’attention sur la rapidité avec laquelle les personnages oublient cet événement qui justifie pourtant absolument toutes leurs actions. Le déni sûrement !

Oui c’est bien Forest Whitaker

Cependant, parmi ce patchwork d’idées et de tentatives ratées, quelques passages font mouche et rendent Le Dernier Rempart extrêmement sympathique.

Les scènes d’action notamment tiennent leurs promesses malgré l’absence de la tant attendue version Schwarzenegger du Gouffre de Helm. La première partie de la cavale est ainsi ponctuée de spectaculaires mises en échec des diverses forces policières. Ces scènes permettent de faire monter la pression et de mettre le spectateur en conditions pour une suite bien plus grandiloquente à base de sulfateuse et de mamie tromblon. Ce tournant dans le ton du film est renforcé par la réelle prise de pouvoir d’Arnold qui dés lors peut allumer les mèches pour enflammer le spectateur. Ce n’est pas pour rien que les deux scènes les plus marquantes du film tiennent sur deux répliques de son personnage ! On a bien sûr le classique et efficace « I am the sherif ! » qui fait écho au célèbre « La loi c’est moi ! » de Judge Dredd dans Stallone (ou l’inverse). On a aussi un très bel échange (à 55 secondes dans le trailer un peu plus haut) qui rappelle l’humour déjà présent dans Expendables 2 à la limite du brisage de 4è mur.

Ça ne suffira pas à faire du Dernier Rempart un bon film, ni même un film marquant, mais ça restera 90 minutes sympathiques et même plutôt drôles su vous vous laissez tentés par le côté Nanar de la force.

CQFD

Et puis d’après le théorème de Forest Gump « N’est stupide que la stupidité », donc Le Dernier Rempart n’est pas stupide mais absurde. Nuance ! Alors give Arnold a chance !

Et puis tant qu’à faire : « Give Christiana Leucas a chance too ! »

Numéro Quatre (I am Number Four)

Numéro 4 sort demain en Blu-Ray, DVD et VOD. Ma critique de Numéro 4, elle, sort dès aujourd’hui. Amazing !

Vous vous souvenez de la dernière fois où je vous ai parlé de l’adaptation cinématographique d’une série de romans fantastiques pour ado ? C’était il y a presque un an, lors de la sortie sur les écrans du magnifique Twilight Chapitre 3 : Hésitation. Déjà un an, et la prochaine dose de vampires à paillettes n’est pas prévue avant le 16 Novembre prochain. Autant dire une éternité ! Heureusement, face au succès de la saga de Stephenie Meyer, des produits de substitution sont apparus sur le marché. I am Number 4, aka Numéro 4 dans la langue de Molière, en est le parfait exemple.

I am Number 4 est donc l’adaptation sur grand écran de Number 4, qui n’est pas le quatrième mais bien le premier roman d’une série prévue pour comporter 6 tomes au total. Le créneau des vampires émo bi-curieux étant déjà trusté, Pittacus Lore (un pseudo pour les auteurs Jobie Hugues et James Frey) a choisi d’investir dans une valeur sûre : l’adolescent extra-terrestre toutes options, taillé comme un Dieu Grec et livré avec super-pouvoirs en kit. Face à l’invasion inéluctable de leur monde par les Mogadoriens, les habitants de la planète Lorien ont opté pour le plan de secours de toute civilisation extra-solaire qui se respecte en envoyant 9 enfants et leur protecteur respectif se cacher sur Terre. Ça ne vous rappelle personne ?

Un meme fait maison vaut mieux que mille mots

Ces boat people de l’espace sont un peu particuliers puisque les enfants sont destinés à devenir les protecteurs de leur peuple dans le futur (i.e. quand ils seront adultes), si toutefois ils arrivent à survivre jusque là. Car les Mogadoriens aussi sont en ballade sur notre chère Planète Bleue, et ils sont bien décidés à terminer ce qu’ils ont commencé à l’autre bout de l’univers. Seulement, comme c’est un peu trop facile (et donc pas très drôle) de s’en prendre à des gosses sans défense, ils doivent les tuer dans un ordre précis. Et comme le résume bien la couverture du bouquin :

«Three are Dead. I am Number 4».

Métaphore de l’âge Biactol

John Smith, aka Numéro 4, est un héros qui ressemble à son public : jeune, différent, en pleine mutation, et bien con. Et c’est ça qui est bon.

Maintenant que les trois premiers de la liste ont perdu leur partie de cache-cache géant avec les Mogadoriens, N°4 va devoir redoubler de prudence et se fondre dans la population. Malheureusement pour lui, les jeunes de Lorien subissent aussi les affres de l’adolescence. Et comme n’importe quel Terrien, son corps change (ce n’est pas sale). Ainsi notre jeune ET est bien emmerdé quand en plein bain de minuit avec une jeune naïade «son corps change» :wink:
Et c’est là que le WTF commence, pour ne plus jamais s’arrêter.

L’adolescence, l’époque de toutes les expériences

Mais l’adolescence ce n’est pas QUE du cul. L’âge bête portant bien son nom, c’est aussi une période de refus de l’autorité et de prise de risques inconsidérés. C’est pourquoi N°4 préfère retenter sa chance au jeu du «en combien de temps je vais réussir à griller ma nouvelle identité» au lieu de patienter sagement le temps de développer ses pouvoirs et de botter massivement du cul de Mongoloïde. Et ce n’est pas comme si on lui demandait de rester enfermé dans la cave pendant 8 ans (coucou Natascha !), puisque visiblement dans le film c’est une question de jours…
C’est aussi l’âge des premiers émois, on n’échappera donc pas à l’histoire d’amour «pour la vie» de notre jeune super extra-terrestre. Et puis, il fallait bien ça pour contenter les collégiennes en manque d’Edward et Bella.

Ceci est un gif animé superflu, merci de votre compréhension

Number 4 joue donc à fond la carte de l’identification auprès des ados, en utilisant toutes les (grosses) ficelles à sa disposition : mise en danger, refus de l’autorité, changements physiques et hormonaux, romance fleur bleue, etc. Le résultat est particulièrement entendu et le reste du film non plus ne brille pas par son originalité.

Number 4 de QI

Ce film est une sorte de pot-pourri des clichés véhiculés par les teens movies américains. On dirait que les scénaristes, ou les auteurs du bouquin pour ce que j’en sais, ont suivi une to do list tirée du Teen Movies pour les Nuls et n’ont pas voulu changer la formule d’une virgule.

  • Le héros nouveau au lycée : check.
  • Le geek de service : check.
  • Le capitaine de l’équipe de football et sa clique de gros bras : check.
  • La fille mystérieuse tellement diffèrente (elle a un blog photo, c’est forcément une artiste) : check.
Dianna Agron (Glee) aurait dû suffire à me faire aimer le film

Je n’ai pas besoin de vous dire comment vont interagir ses personnages, vous avez déjà vu l’histoire cent fois. D’ailleurs, si Numéro 4 se limitait à cette hyper prévisibilité, il ne serait qu’un vulgaire navet. Mais son application obsessionnelle à reproduire des concepts éprouvés fait exploser les compteurs et lui donne une nouvelle dimension.

La 4è dimension : le Nanarverse

L’histoire de Numéro 4 réussit l’exploit d’être à la fois cousue de fil blanc et incohérente. En fin de compte, tout ce qui n’est pas piqué ailleurs n’a ni queue ni tête ! Pourquoi les enfants doivent-ils être tués dans un ordre particulier ? Pourquoi les types sensés les protéger sont uniquement armés de couteaux pourris avec des diodes de Jacky dans le manche alors que les Mogadoriens ont des fusils à plasma ? Mais bordel c’est quoi ce chien ?? En bref, on a plus de questions à la fin du film qu’au début (la plus importante étant bien sûr : WTF ?), comme si ce n’était qu’une intro à rallonge :fear:

Même les parties réussies du film (tout est relatif) rajoutent leur dose de ridicule à ce cocktail déjà surdosé. Cela s’applique notamment au cas des effets spéciaux, techniquement réussis mais mis au service d’une direction artistique en roue libre. La première scène de N°6 (SPOILER!!) en est un des meilleurs exemples en cumulant clichés et effets kitsch. Elle s’éloigne d’un bâtiment sur le point d’exploser, au ralenti, en enfilant ses lunettes de soleil avant d’être enveloppée par la déflagration dans un chatoiement criard bleu et orange.

Subtilité

Mais je vous ai gardé le meilleur pour la fin. Tous ces éléments se combinent pour devenir l’essence de Nanar que représentent les grands méchants de l’histoire, les Mogadoriens. Sorte de croisement raté entre des (caricatures de) hooligans et des requins, ces envahisseurs sont très méchants. On le sait parce qu’ils sont moches, qu’ils sont (mal) habillés en noir et qu’ils effraient les enfants volontairement quand ils les doublent sur l’autoroute (sic). Par contre on ne sait pas pourquoi ils s’amusent à envahir des planètes, pourquoi ils pourchassent les survivants, pourquoi ils s’emmerdent à passer incognito sur Terre, et pourquoi ils sont aussi bêtes. En plus, les acteurs ont bien compris que la subtilité était persona non grata et ils en profitent, ce qui offre une belle collection d’airs menaçants : actors studio ! Et comme il restait du budget, les bad boys ont eu le droit de ramener leurs animaux de compagnie. Ils se trimbalent donc partout avec leur 38 tonnes rempli de monstres mi-dinosaures mi-écureuils volants. Idéal pour ne pas se faire repérer ! Un grand moment de cinéma :D

Une bonne tête de vainqueur

Conclusion

Soyons clairs, Numéro Quatre est un film marketé à l’extrême qui exploite la tendance du moment, le film d’ados à caractère surnaturel. N’en attendez rien de plus. Et le résultat est à la hauteur des attentes ! Les amateurs du genre y trouveront leur dose, et j’encourage les autres à passer du côté nanar de la Force en regardant le film avec un œil nouveau !

Honnêtement, passé l’effet WTF des premières minutes j’ai passé un bon moment en mode Nanar \o/

Dianna méritait bien une deuxième photo <3

[box] Pour revenir sur Twilight, je vous invite à aller jeter un œil à la bande-annonce de Twilight Chapitre 4 : Révélation Partie 1 aka l’épisode où il y aura enfin du cul. Le trailer crie « NANAR !!! » dans tous ses plans, c’est merveilleux ! Ici par exemple ;) [/box]

Man vs Wild

« Bear Grylls, un ancien des forces spéciales de l’armée britannique, s’est reconverti en aventurier de l’extrême. Parachuté dans les zones les plus hostiles de la planète, il n’est équipé que d’un couteau, d’une gourde et d’une pierre à feu. »

Cette phrase n’est pas de moi, c’est tout simplement l’accroche du DVD de la première saison des aventures de Bear « mon nom est trop cool pour avoir un surnom » Grylls qui sort le 12 Avril prochain. Elle est tellement magnifique que j’ai préféré vous la livrer tel quel. Sérieusement, c’est beau on dirait du Nanar ! Ceux qui me connaissent, et ceux qui suivent un peu ce blog, sauront mesurer le compliment à sa juste valeur.

Mais ce n’est pas d’un nanar que je vais vous parler aujourd’hui, mais bien d’une série de documentaire de l’extrême. Man vs Wild, aka Seul face à la nature sur les ondes hexagonales de NT1, est une émission de survie en milieu hostile où l’on suit les pérégrinations DU baroudeur ultime. Lâché dans les endroits les plus inhospitaliers de la planète, Bear met à profit son expérience de commando pour survivre en décryptant pour nous les dangers et les ressources de ces contrées infernales. Bear est très fort, et il est au moins aussi fou qu’il est fort. « Faites ce que je dis mais pas ce que je fais » est le genre de conseil qu’il devrait distiller à l’antenne tant ses exploits tiennent parfois plus de la performance que de la nécessité. C’est aussi ce qui fait le charme de l’émission et quand Bear fait un traineau avec une carcasse de cerf, pêche des poisson-chats géants en utilisant son poing comme appât ou se fait un lavement avec de l’eau croupie, on en redemande !

Bear : un homme, une vie, un meme

Ce côté trash de l’ami survivor lui vaut la consécration suprême du geekdom (ou de la geekosphère si vous préférez). En effet, comme Chuck Norris et beaucoup d’autres avant lui, Bear Grylls et son goût immodéré pour un certain fluide corporel sont devenus un meme qui me fait particulièrement marrer.

Le DVD de la première saison contient 9 épisodes de 45 minutes et en bonus un épisode inédit intitulé Guide de survie vol. 1 dont vous pouvez trouver un extrait ici.

Pour finir, une réflexion à méditer : la survie c’est comme le foot, c’est bien aussi confortablement vautré dans son canap’ ! :p

Compte-rendu de la 7è Nuit Excentrique

Mon mois Nanar vient de s’achever en apothéose par une nuit qui restera gravée dans ma mémoire.
Après quelques mois de sevrage nanardesque, cette période faste consacrée à un cinéma d’exception a débuté en douceur avec la projection d’Air Strike, aka «parle plutôt à mes burnes», organisée par Pas de pitié pour les navets. S’en est suivi, crescendo, la Nuit Retrogaming de Panic! Cinema dont je me suis fait l’écho dans ces pages. Mais tout cela n’est rien face au monument qui clôt ce festival du cinéma bis, face au Graal du Nanar, au Valhalla des mauvais films sympathiques : la Nuit Excentrique VII.

Les Barbarians dans toute leur splendeur

Organisée pour la septième année consécutive par la Cinémathèque Française en partenariat avec Nanarland, la Nuit Excentrique est un évènement incontournable pour tous les amateurs du genre. 4 films, des dizaines de bandes annonces, des centaines d’extraits, des milliers de fou rires, des millions de spectateurs (presque), it is the place to be !

This is Nanar !

Une telle soirée, ça se mérite. La difficulté pour obtenir le précieux sésame s’est révélée à la hauteur de l’évènement et c’est une véritable quête qui s’est imposée aux valeureux candidats à une place au Paradis.

Limitation à deux places par personne, ouverture simultanée de la vente sur place et en ligne, les données du problème étaient claires. Dans les starting-blocks dès 10h, 3 sur le net et 1 sur le terrain, pour une ouverture des guichets à 12h30 et en ayant besoin de 4 places, notre stratégie semblait au point. Seulement, les serveurs de la Cinémathèque ne sont pas vraiment dimensionnés pour tenir la charge des milliers de doux dingues décidés à passer une demie journée devant un écran géant et notre assaut se heurta à une muraille inébranlable d’erreurs système jusqu’au très définitif «les places pour cet évènement ne sont plus disponibles». Dépités par l’ampleur de notre échec, près à sombrer dans le désespoir, nous tirions un trait sur notre doux rêve…. Jusqu’à ce moment de grâce où, tel Neo dans la Matrice, notre ultime requête transperça le mur technologique et atteint le Très Haut.

Ce soir c’est grand soir

La Nuit Excentrique porte bien son nom.  Dès l’apparition de Jean-François Rauger, directeur de la Cinémathèque et notre hôte pour la soirée, le public s’est révélé chaud comme une Suédoise et l’ambiance n’est pas redescendu une seconde jusqu’à l’aube. Spectateurs de qualité certes, mais programmation de qualité surtout ! Je ne peux pas vous refaire ici l’ensemble du programme vu le nombre hallucinant de pépites dénichées par les organisateurs mais vous pouvez avoir un aperçu de cette nuit hallucinante grâce notamment aux vidéos prises par 1kult lors de la soirée.

Introduction

Suède, enfer et paradis


Un mondo italien dénonçant la décadence de la Suède, cette nation de pornographes sans âme où les jeunes filles tuent leurs parents à coups de pieds après s’être offertes aux voisins. Un reportage édifiant !

Le lac des morts vivants


Le Plan 9 français, tout simplement. Film d’horreur ultra fauché, il porte les valeurs du Nanar à des sommets encore inconnus. Le scénario tenant sur un timbre poste, le film collectionne des scènes de remplissage défiant toute concurrence, dont une bonne vingtaine de minutes de plans nichon particulièrement gratuit. Je pourrais aussi vous dire que le film, tourné en Français, est doublé en Français en post prod, que les vues sous marines du lac sont faites dans une piscine dont on voit le mur, que ce charmant petit village français possède une géographie à géométrie variable (quand un personnage passe une porte, qui sait où il va arriver ? :suspens:), donc je me contenterai d’un cri de guerre salutaire : PROMIZOULIN§§§§ Un must see à réserver toutefois aux personnes entrainées, les débutants risqueraient de ne pas supporter le choc.

Les Barbarians


À la Cannon on a pas de pétrole, mais on a pas d’idées non plus. Par contre on a du pognon (un peu) et on aimerait en avoir encore plus (beaucoup) ! C’est ce qui a conduit à la naissance de cette copie de Conan où on retrouve deux magnifiques bœufs aux hormones à la place du futur ex gouverneur de Californie. Comme il n’y a pas de petites économies, les protagonistes passent leur temps à faire des aller-retours entre deux ou trois lieux visiblement pas distants de plus de quelques centaines de mètres : crédibilité +10. Le scénario, enfin la partie qui n’est pas repompée directement ailleurs, dépasse tout ce que vous avez pu imaginer, c’est du grand Nawak. Et avouons-le, c’est délicieusement nul.

Clash of the ninjas


Un 2 en 1 qui fait des efforts avec une forte proportion pour la partie occidentale du film, mais un 2 en 1 qui assure sa légende du coté nanar de la force. Pro-tip : 2 doubleurs pour 20 personnages c’est une idée de génie !

Pour finir, je voudrais remercier la Cinémathèque Française, Nanarland et mes Batars pour cette soirée d’anthologie. Je suis également obligé de remercier la Comtesse : finir une si belle nuit par une scène de profond bonheur, un jaillissement de joie et de béatitude, c’est magnifique. Les vrais le savent, la Comtesse est suédoise.

 

Compte-rendu de la Nuit Retrogaming de Panic! Cinéma

Des jeux vidéo et des nanars, les mecs de Panic! Cinéma ont mis en plein dans le mille avec leur Nuit Retrogaming hier soir au Nouveau Latina à Paris. Super Mario Bros, Street Fighter et Yakuza, plus qu’une nuit c’est un marathon expérimental !

Au programme de cette soirée organisée en partenariat avec Museo Games et MO5 notamment, pas moins de 3 longs métrages adaptés de jeux vidéo, des trailers collectors, des sketchs et autres vidéos inspirés de notre media favori, et un petit-déj de clôture pour les valeureux cinéphiles qui ont tenu jusqu’à 7h du mat’. A noter aussi la présence d’Alexis Blanchet, auteur de Des pixels à Hollywood, qui nous a fait partager quelques anecdotes sur les chefs d’œuvre à l’honneur. Le tout dans une ambiance décalée, limite surréaliste, qui donne tout son charme à ce genre de soirées !

Plutôt que de tout bazarder dans un article unique je vous sors le grand jeu puisque vous aurez le droit à un billet par film. N’est-ce pas merveilleux ?

La soirée a débuté avec une icône du jeu vidéo, qui a malheureusement un peu moins marqué le monde du cinéma : Super Mario Bros, ou les aventures de Mario Mario et Luigi Mario au pays du je-fais-n’importe-quoi-si-je-veux.

On a ensuite eu l’honneur d’admirer le grand Jean-Claude Van Damme dans une adaptation survitaminée de Street Fighter, roi de la baston sur consoles et roi du WTF sur grand écran !

Enfin, les organisateurs avaient gardé la surprise sur le troisième et ultime long métrage de la nuit. Les pronostics les plus fous pariaient sur Mortal Kombat, Resident Evil, The last Starfighter, Tomb Raider. Certains, plus stratégiques, misaient sur une valeur sûre : Uwe Boll. Le réalisateur allemand est LE spécialiste des adaptations nanardesques de jeux vidéo : House Of The Dead, Bloodrayne, Far Cry, Alone in the Dark, et bien d’autres ! Ce choix était une évidence !

Et effectivement, bonne pioche ! Les organisateurs ont même contacté Mister Boll pour lui demander son accord pour diffuser… roulement de tambours… Postal ! Malheureusement, le réalisateur – boxeur espérant une sortie dans les salles de l’Hexagone cet été il a refusé la proposition. En contrepartie, il a promis de venir en personne lors de la diffusion de Postal à la Séance de trop du Panic! Cinéma lors de la sortie du film ! I will be there !

C’est donc au final un film très éloigné des deux premiers qui nous a été proposé : Yakuza : l’ordre du dragon, l’adaptation nippono-japonaise de l’action-RPG de SEGA.

J’ai passé une très bonne soirée et je reproduirai l’expérience sans aucun soucis, peut-être même très bientôt…

Affiche de la Nuit Retrogaming

 

Super Mario Bros : le film

Vous devez être nombreux à avoir déjà vu ce film qui allie une licence au potentiel gigantesque aux moyens d’un grand studio hollywoodien pour un résultat absolument abracadabrantesque ! C’est simple, les éléments du scénario qui respectent l’univers de plombier de Nintendo se comptent sur les doigts valides de la main de Django Reinhardt : les noms des personnages, la profession de Mario et Luigi, et les bobombs. Le reste est un gros Quel est Le Fuck sous acide.


Dans Super Mario Bros (le film), les Dinosaures ne se sont pas éteints il y a 65 millions d’années. Ils ont été enfermés dans une dimension parallèle souterraine où ils ont continué à évoluer peinard, loin des mammifères. Seulement, cette dimension est franchement pourrave, surtout depuis que Koopa a pris le pouvoir et transformé l’ancien Roi en mycose (true story), et les sauriens se verraient bien investir notre dimension et nous ramener à l’état de primates pour profiter des joies de la surface. Avant de pouvoir se la donner sous le soleil des Maldives, il leur faut retrouver la Princesse planquée depuis son enfance dans notre dimension…


Ce film est un monument de n’importe quoi. Mario Mario et Luigi Mario (sic), en guerre contre un méchant concurrent qui fait que leur piquer tous les boulots, se retrouvent dans la dimension des dinosaures qui se résume en un immense désert avec une unique ville crasseuse (limite post-apo) qui fait énormément penser à Total Recall. Ils tentent de sauver une gonzesse qu’ils ne connaissent que depuis quelques heures, aidés en cela par une mycose intelligente et une dominatrice SM avec des bottes à réaction, en croisant sans broncher des goombas microcéphales armés de lanceurs de boules de feu et de fusils désévolueurs. Normal.


On se demande ce que le casting, en particulier Denis Hopper, est venu foutre dans un tel bordel. Au final, le résultat hallucinant s’explique sûrement en partie par les gros aléas de la production du long métrage qui a connu pas moins de trois équipes de scénaristes…

Le petit plus d’Alexis Blanchet : Alexis a rencontré le responsable de la version finale du script, qui lui a confié n’avoir jamais joué au jeu et qui lui a raconté quelques unes des péripéties qui ont conduit au résultat sorti en salle. La version que l’on connait est en fait la troisième version du scénario puisqu’une première équipe était partie sur un road movie à la Rain Man (-> recalé) et qu’une deuxième a ensuite proposé un univers beaucoup plus enfantin en rapport direct avec le jeu (blocs qui parlent et autres joyeusetés au menu) avant que les producteurs ne décident qu’ils voulaient un rendu plus « adulte ». Il faut sûrement comprendre qu’au début des années 90 à Hollywood, « adulte » était un synonyme de grandes quantités de drogues hallucinogènes. MàJ : Vous pouvez retrouver l’intégralité du message de Parker Bennett (le scénariste final) adressé au public du Panic!Cinéma sur le blog d’Alexis Blanchet ;)

La citation pour briller en société : « Trust the fungus Mario ! » Luigi

Street Fighter : le film

Deuxième grand classique, et – tuons le suspens dès à présent – apothéose de cette nuit un peu folle, le grand, le beau, le bodybuildé Street Fighter ! Après Super Mario Bros il paraitrait presque sensé alors qu’on est encore dans le domaine du craquage de slip décomplexé. Une œuvre d’art menée de main de maître par un Jean-Claude Van Damme roux au sommet de son art.


Le Général M. Bison, fort du succès de sa petite entreprise d’import-export de produits stupéfiants, a décidé de conquérir la planète depuis sa base secrète de Shadaloo dans un Sud-Est asiatique hypothétique. Le Colonel Guile, qui dirige les forces des Nations Alliées, dans la région ne l’entend pas de cette oreille et se dresse tout en muscles sur la route du despote mégalo.


Le casting est impressionnant avec une opposition culte entre JCVD et Raul Julia (le père dans la famille Adams), et Kylie Minogue en sidekick de charme. Ils sont tous au top de leur forme, notamment ce bon Raul qui pour son dernier rôle majeur atteint des niveaux de cabotinage record-du-mondesque. On retrouve tous les personnages de Super Street Fighter II : The New Challengers (à part Fei-Long), mais dans une interprétation très libre du matériau d’origine. Ryu et Ken sont deux petits truands, Sagat est un trafiquant d’armes accompagné de son champion ibérique Vega, Dhalsim est un scientifique contraint de travailler pour Bison, Chun-Li, Balrog et Honda sont une équipe de reporters… et le meilleur pour la fin, le clou du spectacle, la cerise sur le gâteau : Blanka. Carlos « Charlie » Blanka est un soldat des Nations Alliées, et un pote de JC « Guile » VD, enlevé par Bison et cobaye d’une expérience visant à produire des soldats parfaits (i.e. des machines à tuer lobotomisées). Le résultat de l’expérience dépasse tout ce que vous avez pu imaginer et je préfère laisser place au choc des images.


Ce Street Fighter est un morceau de choix, d’une intensité rare dans le WTF, avec un rythme jamais pris en défaut et une fin en apothéose avec un combat titanesque entre les deux rôles principaux. On est loin de l’esprit du JV, qui se rappelle par quelques éléments hilarants comme les coups de pieds retournés de Guile ou le bandeau cherokee de T Hawk. Si dans le cas de Mario on assistait à un viol de licence, là Steven de Souza (un réalisateur qui n’est pas n’importe qui) transcende l’univers du jeu et livre un bijou pour les cinéphiles qui ne se prennent pas au sérieux !


Le petit plus d’Alexis Blanchet : Capcom est partie prenante de cette adaptation cinématographique et outre son succès en salle (le film a rapporté plus de trois fois l’investissement de départ), ce long métrage continue de rapporter de l’argent au développeur japonais grâce au nombreuses diffusions à la Tv, en VOD, et au cinéma donc.


La citation pour briller en société : « For you, the day Bison graced your village was the most important day of your life. But for me, it was Tuesday. » Bison