Nitronic Rush (PC)

Alors que les premières écoles dédiées à la formation dans le domaine des arts numériques commencent à faire leur trou en France, cela fait un bon moment que des établissements de ce genre existent ailleurs, notamment outre Atlantique. Ces formations intègrent le plus souvent dans leur cursus des projets qui consistent en général à créer de toute pièce un jeu vidéo. S’il est assez bon, il est présenté lors des différents salons portant sur jeu vidéo indépendant, comme le très célèbre IGF (Independant Game Festival). Une des écoles ayant connu le plus de réussite est sans hésiter la DigiPen (on ne rigole pas au fond, merci), qui cette fois ci nous surprend avec un jeu complètement fou : Nitronic Rush. Sous ce nom un peu énigmatique se cache en fait un jeu de course très innovant dont le gameplay s’inspire des jeux de plate-forme de type « die & retry » à l’instar de Super Meat Boy ou VVVVVV.

 

 

Car si dans le premier Need For Speed venu votre objectif est de finir devant vos adversaires, dans Nitronic Rush vous êtes tout seul sur la piste et la seule chose que vous avez à faire est de terminer le niveau en un seul morceau ! Et je peux vous dire que c’est loin d’être gagné car le design des circuit, s’il est assez standard pour les premiers, devient littéralement cauchemardesque dès que la difficulté augmente. Cela est notamment du au maniement du véhicule, très complexe, qui permet non seulement de sauter à volonté mais également de totalement contrôler l’orientation et la trajectoire du véhicule pendant un saut. Du coup, les level designer se sont permis des petites fantaisies incroyables de sadisme qui font passer les pires circuits de Trackmania pour une ballade en forêt un dimanche après-midi. Je pourrai par exemple citer les obstacles (murs, scies circulaires…) qui apparaissent devant vous alors que vous êtes à pleine vitesse et qui pulvérisent votre véhicule au moindre contact. Il y a encore le circuit qui d’un coup vous impose pour continuer de retourner la voiture à la main pour atterrir la tête en bas sur ce qui était le plafond avec une précision millimétrée sous peine de se crasher comme un vulgaire étron. Ajoutez à ça une sensation de vitesse impressionnante, et vous obtenez une difficulté vraiment relevée.

 

 

Le jeu pourrait alors être un summum de frustration, mais il est sauvé par les mécanismes qu’il emprunte brillamment aux jeux de plate-forme : la présence de check-points, placés intelligemment, qui permettent de ne pas se retaper le niveau en entier à chaque mort et une jouabilité d’une précision chirurgicale. De cette façon chaque sortie de piste n’est ni pénalisante, ni due à une déficience de jouabilité ou un autre soucis intrinsèque au jeu. Du coup, on explose souvent son véhicule (et son pad sur le mur aussi) mais on a tout le temps envie de recommencer (enfin, si le pad est encore entier) car on sent que la marge de progression est là. En ce sens, le titre me fait réellement penser à Super Meat Boy avec un gameplay mêlant l’apprentissage rigoureux des circuits, un entraînement poussé au maniement du véhicule et une belle dose de réflexes.

 

Un dernier mot sur l’aspect technique du titre, qui est à mon sens un réel sans faute. Avec un design graphique à mi-chemin entre P.O.D. (pour la voiture) et surtout TRON (pour tout le reste), le rendu est vraiment très convaincant. Qui plus est le moteur graphique, entièrement programmé à la main par les étudiants, est bien optimisé et tournera sur la plupart des machines actuelles. La musique quant à elle, très électro (qui fait d’ailleurs pas mal penser à la BO de Daft Punk du film de Disney), accompagne l’action à merveille et colle parfaitement avec l’esthétique high-tech adoptée par le soft.

 

Ah, et oui, petite bricole de rien du tout que j’ai oublié de préciser : c’est gratuit.

 

Donc cherchez pas plus loin, et cliquez ici pour vous le procurer !

 

TRON l’héritage

Ayant été désignée d’office rédactrice de l’article sur Tron l’héritage, me voilà. Je tiens quand même à signaler que c’est une véritable infamie d’être dépossédée de mes sujets de prédilection, parachutée dans un autre monde : le jeu vidéo et le virtuel. Beurk ! Ne voulant pas laisser cet acte impuni, j’ai décidé de m’opposer à cette dictature insupportable en faisant, ici et maintenant, deux secondes de silence.
1…… 2…… !

Donc ce mardi 1er mars, bien après la sortie officielle de Tron (9 février 2011), nous avons décidé de nous faire une petite sortie ciné 3D entre amis dans le plus grand cinéma de Corse-du-Sud (2 salles) nouvellement équipé du numérique.

Décor planté, place au film

Kevin Flynn (Jeff Bridges), un expert ès technologie, a disparu. Heureusement pour lui, il a un fils, Sam (Garrett Hedlund vu dans Eragon) lui aussi expert ès technologie. Ce dernier reçoit un message provenant de l’ancienne salle de jeux de son père. Fiston n’étant pas indifférent à la disparition de papa, datant de 20 ans, il décide d’aller jeter un coup d’œil dans cet endroit laissé à l’abandon.
Ayant trouvé le laboratoire secret paternel et manipulant sans ménagement le vieux matériel, il se trouve alors aspiré dans un monde virtuel, la Grille, créé par Flynn senior.
Objectif : survivre dans cet univers inconnu dirigé par le méchant Clue.

Des références aux jeux vidéo

Pour cette partie, je ne m’étendrai pas sur le sujet. Il paraitrait que le film est truffé de références, que les plus âgés que moi comprendront surement. Il semblerait que des clins d’œil au premier Tron, sorti en 1982, soient faits, avec un Flynn déjà incarné par Jeff Bridges à l’époque.
Personnellement, étant ignare dans le domaine du JV et âgée de moins de 4 mois lors de la sortie en salle du premier, je laisse les experts en débattre s’ils le souhaitent, dans les commentaires.

Une esthétique soignée

Tout l’abord, l’ambiance mélodique est au top. Une BO signée Daft Punk, groupe emblématique qui nous fait le plaisir de faire une apparition, jouant leur propre rôle de donneurs d’orgasmes musicaux.

Visuellement, le film est beau. L’univers est épuré, stylisé et coloré sur le thème du Noir et Blanc, avec des nuances d’orange et de bleu. Alors, question subsidiaire, avec ce code couleur, d’après vous, qui sont les méchants ?! Un programme informatique est matérialisé par un humain à l’écran. Et ces programmes ne passent inaperçus nulle part. Ben oui, si tu te promènes tranquille dans la rue avec ta combi fluo (uniforme que tous portent dans le film), tu te fais vite repérer. Sans oublier les deux bombasses qui nous exposent leur anatomie dans leur tenue très très près du corps. Côté mâles, on est par contre pas gâtés !
Mais l’esthétique ne s’arrête pas au décor et aux personnages. Les gadgets et les véhicules sont très design : Light Runner, disque dorsal lumineux, motocycle (sûrement pas très confortable à conduire mais c’est un film, hein !).

Par contre, je ne vous parlerai pas de l’époustoufflance de la 3D dans le film, n’étant pas réceptive oculairement à ce spectacle. Je m’en sors quand même plutôt bien, les maux aux yeux et à la tête sont rapidement passés devant une bonne crêpe !

Un film Disney

Cependant, malgré cette explosion de contrastes visuels et de beautés virtuelles, le film brille bien plus par son esthétique que par la solidité de son scénario. L’histoire s’avère être sans grande surprise. D’ailleurs, dans le premier opus Papa Flynn, pas encore papa, se battait contre les méchants. Pour Tron l’héritage, dans la famille Flynn, je demande le fils.
Qui combattra dans le prochain épisode ?

Un film Disney, on a tout dit. Outre le fait qu’il ne s’adresse pas aux enfants trop jeunes (2h06), pour un adulte comme moi adepte de Valhalla rising ou des chroniques de Riddick, la déception peut être sévère. Mais c’est un Disney, on le sait, donc on y va avec cette idée en tête.
L’histoire très voire trop simpliste en apparence, est tout de même assez complexe dans la forme. On se sera pas surpris d’entendre dans la salle, quelques petits parfois trop petits, demander « c’est qui le monsieur ? ». On a du mal à savoir où l’on est au début, surtout lorsqu’on ne connaît absolument pas le sujet. On a également des difficultés à comprendre vraiment les détails de l’histoire à travers le langage parfois crypté. Quid de la purge des algorithmes isomorphes ? Le tout assaisonné à la vinaigrette charabia technique.

En conclusion, le cahier des charges est quand même rempli. Une ambiance bon enfant, aucune effusion de sang, ni de scène de combats rapprochés version adulte. Un Disney divertissant dans toute sa splendeur.