Les jeux vidéos favoriseraient le viol !

Yapapir

Gamer curieux depuis bientôt 50 ans

1 Commentaire

  • L’attaque sur Bulletstorm est clairement destinée à faire buzzer. Ce genre de sujets est ce qui fait vivre Fox News, la chaîne des réacs américains, et n’a bien sûr aucune crédibilité scientifique. Le viol est une forme de violence, une des plus horribles certes mais il n’y a pas de raison de la séparer des autres types d’actes violents dans ce « débat », donc le fait de le mettre spécifiquement en avant est clairement un artifice destiné à choquer le public de la chaîne. C’est du sensationnalisme de bas étage, un argument digne d’une chasse aux sorcières. Le JV fait vendre, ses détracteurs comme ses défenseurs étant prompts à se foutre sur la gueule à la moindre étincelle.
    Sur le fond, je pense que tu as raison de recentrer la discussion sur « quels jeux pour quels publics », c’est indispensable de rappeler ce point pour l’évacuer et pouvoir ensuite se concentrer sur la question centrale : le jeu vidéo rend-il violent ? Pour réfléchir à cette question (espérer y répondre serait présomptueux) ,on peut s’appuyer sur une comparaison avec les autres médias :
    – les jeux « traditionnels » aussi sont violents. Les échecs (cf le podcast cité il y a quelques jours ici-même), la bataille (sic), le monopoly : on tue, on conquiert, on exploite. Pourtant personne n’a jamais accusé les petits soldats en plastique d’être à l’origine d’une fusillade. « Oui mais c’est une question de réalisme ! » me répondront certains, et dans ce cas évoquons le cas suivant :
    – le cinéma : Orange Mécanique, C’est arrivé près de chez vous, …, on en trouve à la pelle du film pervers et ultra réaliste. Mais on leur donne un crédit supplémentaire, du fait qu’ils appartiennent au 7è art. J’ai choisi des exemples « intelligents », mais du film dégueu, immoral et qui n’a pas l’excuse de servir une réflexion plus profonde on en trouve à foison sans qu’à chaque sortie les bien pensants ne s’insurgent. Reste la question de l’immersion.
    Certes, en nous mettant aux commandes, le JV a une influence particulière et éventuellement supérieure. Mais penser cette différence seulement en termes négatifs (en citant uniquement le jeu de viol japonais sorti il y a quelques années dans un article par exemple), c’est refuser au JV ce qu’on accorde autres médias : faire réfléchir, faire grandir le lecteur/spectateur/joueur/etc. Pour une œuvre dégueulasse, on passe sous silence des tonnes de merveilles. Pour citer un exemple personnel, le choix de tuer ou d’épargner les petites sœurs de Bioshock m’a vraiment marqué et s’est révélé plus efficace pour pousser ma réflexion que les trois quarts des bouquins que j’ai lu. Ça reste limité, on a pas encore de JV figure de proue d’un mouvement de pensée, mais je suis persuadé que ça arrivera.
    Le JV est un média comme un autre, qui souffre de sa relative jeunesse et de sa hype du moment. Laissons passer du temps et le jour viendra où le jeu vidéo dans son ensemble cessera d’être pointé du doigt, et à ce moment-là on pourra s’attaquer aux exceptions qui viennent pourrir l’image de cet art.

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