C’était une soirée chez des amis d’une association, il y a maintenant huit ans. Comme beaucoup d’enfants de 12 ans dans une fin de soirée d’adulte, je m’ennuyais. Arriva soudain une phrase, une suite de mots qui changera potentiellement ma vie entière : « Ah si vous voulez j’ai un jeu sympa à vous montrer ». Ce fut ma première rencontre avec Munchkin.
Mais alors c’est quoi ?
Munchkin est un jeu de carte style « dungeon crawler », où le but est d’explorer des donjons et vaincre les ennemis à l’intérieur pour être le premier à atteindre le niveau 10. Jusque là, assez simple. Pour commencer, on va chacun piocher des cartes donjons et trésors, les deux piles de cartes du jeu. Cela nous permettra de débuter notre partie avec des bonus et malus à utiliser pendant la partie.
Au début de notre tour, on va tirer une carte « donjon » qui va nous dévoiler la menace découverte. Si ce n’est pas un monstre, on récupère la carte, bonne ou mauvaise, et on termine notre tour comme tout le monde. Mais si c’est un monstre, on commence la phase de réflexion.
Chaque monstre a son niveau (haut de la carte) et potentiellement une récompense (bas gauche de la carte). Notre puissance est calculé en additionnant notre niveau et nos différents équipements. Pour gagner le combat, il faut avoir une puissance strictement supérieure au niveau de l’ennemi. Par exemple, j’ai retourné une amazone, qui est niveau 8. Je suis niveau 3 et j’ai des bottes et un casque qui me donnent +2 respectivement. J’ai donc une puissance de 7, qui est inférieure au niveau de la gorgone.



Commencent les embrouilles…
Il est possible de perdre un combat. On peut alors essayer de fuir, mais l’échec peut s’avérer fatal et nous faire tout recommencer depuis le début. Il existe aussi des cartes à effet unique qui rajoute de la puissance pendant un combat, mais il faut avoir la chance de l’avoir dans sa main, et que le total suffise… S’ajoute alors la plus grande mécanique de ce jeu : la négociation.
En effet, il est possible de demander de l’aide aux autres aventuriers de la table. Ils peuvent strictement refuser ou accepter sans rien avoir en retour, mais la plupart des joueurs vont vouloir une compensation pour leur bonté. Voyez-vous, les récompenses de victoire d’un ennemi peuvent se partager. Il est alors commun de voir des négociations du style « Bon, d’accord je viens t’aider, mais le monstre donne 3 trésors, j’en veux deux. ». A l’inverse, un joueur contre la victoire d’un joueur peut lui mettre des bâtons dans les roues, que ce soit en jouant une carte bonus pour un ennemi, ou simplement en rajoutant un second ennemi au combat. Doubles récompenses, ou double défaite..
Un classique familial
Avec son gameplay fait pour les coups bas et son univers fantasy satirique, Munchkin a convaincu notre famille en une partie endiablée. Si vous osez demander à Yapapir son ressenti sur cette partie, vous entendrez l’histoire (infondée) du fait que j’aurais volé ses trésors alors que j’avais promis de l’aider. Nous avons actuellement en notre possession 3 versions différentes du jeu de base, car oui, Munchkin a de nombreuses extensions et versions adaptées dans différents univers de pop-culture, et pas forcément fantasy !
On peut lui reprocher certaines cartes au sens peu compréhensible dans certaines situations, mais il est vite pardonné quand on pense au nombre de situations différentes dans lesquelles toutes les cartes peuvent être jouées. Pour moi les illustrations ont aussi un peu vieilli, mais cela fait son charme, et il est toujours possible de choisir une version avec sa licence préférée pour contrer le coup (j’aime beaucoup ma version Critical Role, qui est rempli de références et sublimes illustrations).
Magouilles et trahisons
Si vous aimez les jeux vidéos style dungeon crawler, être fourbes et mentir à vos amis, et/ou les univers décalés fantastique, Munchkin est le jeu parfait pour vous. Pour tous les autres, laissez vous tenter, car c’est cette première partie qui m’a propulsé dans l’amour des jeux sur tables.




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