Je ne sais pas exactement à quel moment ma carrière a dérapé. J’étais venu pour gérer un petit musée pépère, exposer deux vases et trois cailloux vaguement historiques. Me voilà aujourd’hui en train de recruter 40 personnes, d’envoyer des équipes braver des pièges mortels pour ramener une plante carnivore, et de poser des toilettes à côté d’un squelette de dinosaure. La vie de directeur de musée, selon Two Point Museum.
La recette ne change pas, et tant mieux
Après les hôpitaux de Two Point Hospital et les facs de Two Point Campus, la série repart pour un tour, en transposant sa formule bien rodée dans l’univers des musées. Construction de salles, gestion du personnel, réputation à développer, thunes à empiler : les bases sont les mêmes, et le plaisir aussi.
On débute chaque mission avec un terrain (qu’on pourra agrandir un peu plus tard), quelques bâtiments, et l’obligation de bâtir son musée de A à Z. On commence alors par les fondamentaux : une billetterie pour que les visiteurs puissent remplir nos caisses, des toilettes pour conserver un peu d’hygiène et une salle de repos pour que nos employés évitent le burn-out. Mais très vite, il faudra penser à construire une boutique de souvenirs, une cafétéria, un atelier ou encore une salle de formation. Mais l’essentiel reste de mettre en valeur nos différentes œuvres d’art dans nos salles d’exposition. Et là, Two Point Museum sort sa palette de folie.

Des musées pour tous les goûts (même les plus douteux)
Au fil de la campagne, plusieurs thèmes sont mis à l’honneur, même s’il est possible de mixer les plaisirs en fin de partie. On retrouve entre autres des zones préhistoriques et son lot d’ossements, des expositions sous-marines à base de poissons et de tortues mais aussi des salles de l’espace ornées d’étranges reliques et des coins surnaturels ou l’on exposera… des fantômes !
Chaque œuvre dispose d’un score de buzz, de décoration et de savoir. Il faut donc organiser son espace pour optimiser ses expositions en plaçant certaines œuvres à proximité d’autres, en ajoutant des objets spécifiques (statues, plantes, lumières, affiches en tout genre…) et en disposant suffisamment de panneaux d’information. Oui, nous sommes dans un vrai musée et nous sommes garants de notre crédibilité scientifique.
Une gestion complète mais jamais prise de tête
Le personnel est évidemment un élément clé. Divisés en quatre catégories de personnel (experts scientifiques, assistants, concierges et agents de sécurité), vos employés disposent d’un niveau de compétences et de spécialités qu’il sera possible de développer via la salle de formation. Mais chaque médaille a son revers et vous devez veiller à leur bonheur (et surtout à leur salaire) sous peine de les voir démissionner vers d’autres cieux.
Les expéditions, vraie nouveauté du jeu, ajoutent un petit côté Indiana Jones assumé. On envoie des équipes récupérer de nouvelles œuvres dans des lieux plus ou moins hostiles. Ça coûte cher, ça prend du temps, et il vaut mieux avoir formé ses employés avant de les balancer dans une jungle infestée de pièges. Autre nouveauté bienvenue : les voleurs. Vos œuvres attirent les convoitises, et il faut donc investir dans des caméras, des vigiles et des portiques de sécurité pour éviter de se faire dépouiller en douce.

Du détail à tous les étages… enfin non, justement
Le plaisir de Two Point Museum, c’est cette gestion à la carte. Vous pouvez parfaitement conserver une grande partie des réglages par défaut sans que cela mette en péril votre musée. Mais pour les plus psychorigides d’entre-nous, il est possible de fixer manuellement une multitude de choses, comme le prix des peluches licorne vendus à la boutique, les repas servis dans votre cafétéria (option sandwich végan ou milk-shake douteux), ou encore l’assignation manuelle de vos différents employés.
Le jeu est magnifique, toujours lisible, et incroyablement agréable à prendre en main. J’ai passé des heures à aligner des bancs, à coller des posters absurdes et à réorganiser mes salles pour que tout soit à la fois beau et fonctionnel. Est-ce que ça sert vraiment à quelque chose ? Absolument pas. Est-ce que c’est génial ? Oui.

Quelques frustrations au rayon des antiquités
Tout n’est pas parfait évidemment. Il est par exemple impossible de construire des étages : tous les musées sont de plain-pied, ce qui peut vite poser problème quand on manque de place. Autre limite un peu bête, l’impossibilité de fusionner deux bâtiments proches. On se retrouve parfois avec des morceaux de musée un peu morcelés, façon puzzle. Enfin, le mode bac à sable, pourtant très prometteur sur le papier, se révèle finalement assez plat comparé à la campagne solo, qui enchaîne les missions variées et les musées aux thèmes délirants.
Rien qui ne vienne gâcher l’expérience de jeu, qui pourrait même être agrémentée de quelques DLC dans les mois qui viennent. Sur ce, je retourne poser un mégalodon à proximité de ma cafétéria. C’est aussi ça, la passion du patrimoine !
Ma nuit au musée
Two Point Museum ne révolutionne rien, mais il maîtrise parfaitement sa formule. C’est beau, fun, accessible, bourré d’humour et de bonnes idées. Les expéditions et les voleurs ajoutent des éléments de gameplay bienvenus, et la campagne propose de longues heures de jeu. Un vrai plaisir de gestion, à condition d’accepter les quelques limites structurelles du titre.


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